Montier Photo Festival

Pour cette édition 2026, qui se tiendra du 19 au 22 novembre, le festival fait un choix visuel fort et assumé.

Le visuel sélectionné pour l’affiche, réalisé par l’artiste Jonathan REBOUILLAT, présente un Grand tétras, ce n’est pas un oiseau comme les autres : il s’agit de l’animal en origami, posé dans un décor naturel. L’image séduit par son esthétisme et son message.

La conception graphique a été réalisée par Mathias GROSCLAUDE, graphiste de l’Aube.

Pourquoi ce choix de visuel pour identifier la 29ème édition ?

Cette orientation artistique porte un message clair et interpelle sur la fragilité du vivant et de la disparition progressive des espèces. L’origami remplace ici l’animal réel, comme une projection d’un futur possible où la biodiversité ne serait plus qu’un souvenir, une reconstitution, une trace : c’est certainement la façon dont nous pourrons parler du Grand Tétras à l’avenir comme de beaucoup d’espèces menacées d’extinction.

En résumé, cette affiche porte un vrai message :

  • L’origami remplace le réel : symbole de disparition des espèces
  • La nature est fragile
  • La biodiversité est en danger et à protéger
  • L’animal devient donc simplement une représentation artistique, car les espèces disparaîtront et n’existeront plus qu’à travers l’art : photographies, dessins, sculptures, etc.

Le festival ne se contente pas de montrer la nature : il questionne notre capacité à la préserver.

Mais cette affiche porte aussi un message d’espoir : il est encore temps d’agir et de la protéger.

Le 29ème Festival Photo Montier est ainsi un lieu de rencontres, d’échanges et de transmission pour tous les publics, il est devenu un rendez-vous incontournable pour mieux comprendre, mieux connaître et ainsi mieux agir.

L’affiche 2026 n’est donc pas seulement une photographie, c’est une prise de conscience, un symbole.

Rendez-vous à l’automne, pour vivre le plus grand Festival de photo animalière et de nature en Europe ! Une manifestation pour petits et grands, à partager en famille ou entre amis !

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Je m’appelle Jonathan REBOUILLAT, je suis naturaliste et origamiste. Cela veut dire que j’observe les animaux sauvages autour de chez moi, dans les Pyrénées, et qu’ensuite j’essaie de les faire naître en papier. Je plie des carrés de papier pour rendre hommage à la beauté de ces animaux.

J’ai appris qu’une de mes images avait été sélectionnée pour faire l’affiche du Festival de Montier-en-Der, j’en suis très reconnaissant. C’est un festival que j’aime beaucoup, j’y ai déjà exposé mes origamis il y a trois ans, et je reviens cette année avec une toute nouvelle exposition, et mon livre Origami Sauvage (https://jonathanrebouillat.com/produit/livre-origami-sauvage-dedicace-par-lauteur/).

L’image sélectionnée pour l’affiche est celle d’un Grand Tétras de papier. Il est réalisé à partir d’un simple carré de papier, noir d’un côté, blanc de l’autre. Uniquement du pliage: il n’y a aucune découpe. Avec ce même carré j’aurai pu réaliser un lagopède alpin, un élanion blanc, ou une chouette effraie.

En fait, l’origami est une belle métaphore des liens qui unissent tous les êtres vivants.

Nous venons tous symboliquement d’un même morceau de papier.

C’est fort de se dire ça, ça veut dire que nous devons retrouver l’humilité de n’être qu’un vivant parmi les vivants. Et je crois que l’humanité a besoin de cette humilité en ce moment.

Je pense que nous avons tous vu le dernier film de Vincent MUNIER, « Le Chant des forêts », qui raconte, avec beaucoup d’amour et de poésie, la vie sauvage des Vosges. Et en filigrane, il y a aussi l’histoire de cet oiseau, le Grand Tétras, dans le massif des Vosges, que le père de Vincent, Michel, a suivi pendant 50 ans avec amour et passion. Et il a assisté à sa disparition.

Le fait que le Festival de Montier-en-Der choisisse une image de Grand Tétras, mais qui n’est pas un vrai Grand Tétras de chair et d’os, évidemment que cela nous interpelle. Ça doit nous donner envie d’agir, pour protéger cette nature, ça doit nous prendre aux tripes !

Mais mon travail du papier c’est un travail du vivant. Il est le fruit de mes observations naturalistes, des émotions qui jaillissent en moi lorsque j’observe ces oiseaux, ces êtres qui peuplent nos forêts. Et ce Grand Tétras je l’ai observé dans une forêt pas loin d’ici, dans les Pyrénées. Il est toujours vivant. Il est toujours présent ici. J’espère que cette affiche vous donnera deux envies : l’envie d’agir et l’envie de s’émerveiller de la beauté du vivant.

Vive le Festival de Montier-en-Der ! Et surtout vive les Grands Tétras et tous les êtres qui peuplent nos forêts !

Consultez la vidéo Jonathan REBOUILLAT qui nous présente son image :

Je suis graphiste illustrateur, je travaille notamment pour l’édition avec une spécialité toute particulière pour les livres de nature et de jeunesse. Et notamment pour les presses d’Ile-de-France pour lesquelles j’ai pu illustrer quelques ouvrages depuis 2005.

En juin prochain je vais éditer mon premier livre entièrement écrit et illustré par mes soins. Ce conte illustré met en valeur les grues cendrées et le patrimoine naturel de notre région. Et j’ai la chance d’être accompagné par la LPO Champagne-Ardenne qui me parraine pour ce projet.

Cette année, pour la quatrième année consécutive, j’ai eu le plaisir de réaliser l’affiche du festival pour cette 29ème édition. Une édition toute particulière qui met à l’honneur une photo magnifique et atypique de Jonathan Rebouillat.

Pour la nouvelle affiche, j’ai réalisé une conception graphique épurée, afin de respecter le caractère originel de la photo. Le grand tétras est évidemment une espèce mythique qui a été magnifiée par Vincent Munier dans le « Chant des Forêts ». Mais au travers de cette photo, Jonathan Rebouillat le porte en symbole de la beauté fragile du vivant et donc comme un ambassadeur des espèces menacées.

La réalisation de l’affiche du festival est toujours un travail d’équilibre entre l’impact que l’on souhaite provoquer et le respect de la photo originale. Pour conserver l’identité graphique du festival, j’ai maintenu la charte graphique du titre que j’avais réalisé les années précédentes. J’y ai apporté une teinte assez vive pour trancher avec le fond et un effet de matière en cohérence avec la photo.

Au niveau de la conception graphique, j’ai apporté simplement des éléments filaires sous forme de facettes géométriques qui font référence au pliage d’un origami.

Ces éléments donneront également l’axe graphique de cette nouvelle édition dans les supports de communication à venir. Et aussi un écho subtil et discret qui illustre en outre la fragilité du grand tétras dont le nombre ne cesse de régresser et le côté éphémère de l’instant.

Pour terminer, je voudrais remercier toute l’équipe du festival pour la confiance qu’ils m’accordent chaque année, depuis 2023.

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