Montier Festival Photo - Concours 2016 - Autres animaux sauvages de pleine nature

Biographie

Gilles BŒUF

  Conférenciers

  

Gilles Boeuf est Professeur à Sorbonne Université (Université Pierre et Marie Curie, UPMC), affecté à l’Observatoire Océanologique de Banyuls où il développe sa recherche au sein de l’Unité « Biologie intégrative des organismes marins ». Il a passé 20 ans à l’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploration de la mer) à Brest puis a été directeur du Laboratoire Arago (UMPC et CNRS), observatoire des sciences de l’Univers, à Banyuls sur Mer durant 6 ans, directeur de l’Unité « Modèles en biologie cellulaire et évolutive » durant 4 ans. Il a été Président du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), entre 2009 et 2015. Il a également été professeur, invité au Collège de France, pour l’année universitaire 2013-2014, sur la Chaire « Développement durable, énergies, environnement et sociétés » et avait alors dédié son enseignement au thème « Biodiversité, ses croisements avec l’humanité ». Il est aujourd’hui président du Conseil Scientifique de l’Agence française pour la Biodiversité.

Il était, jusqu’au 16 avril 2017, conseiller scientifique pour les sciences de la vie et de la nature, le climat et l’océan au Cabinet de Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer (MEEM). Il a été chargé de missions auprès du président du MNHN. Il a été président de la Commission Environnement de la Fondation de France. Aujourd’hui, il est président de l’Association de gestion de la Réserve Naturelle de la forêt de la Massane (Pyrénées Orientales), président du Pôle national d’entomologie forestière OPIE-ONF, membre du Conseil Scientifique du CIRAD (Centre de coopération international en Recherche Agronomique pour le Développement), membre du Comité scientifique de l’Office National des Forêts, membre du Conseil Scientifique des Terres Australes et Antarctiques Françaises, membre du Comité de Perfectionnement du Centre Scientifique de Monaco, membre du Conseil Scientifique de CdC Biodiversité, filiale de la Caisse des Dépôts et Conciliations, membre du Bureau de l’IPBES, International Platform for Biodiversity and Ecological Services (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques des Nations-Unies). Il est membre des Fondations Hermés, Icade et ENGIE. Il est chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur et de l’Ordre National du Mérite. Il a reçu, en 2013, la Grande Médaille Albert 1er, pour l’ensemble de sa carrière, dédiée aux mers et à l’océan.

GIlles Boeuf est un spécialiste de physiologie environnementale et de biodiversité, marine et terrestre. Il a également beaucoup travaillé sur les bases biologiques de l’aquaculture. Il est l’auteur de plus de 400 articles scientifiques (>150 de rang A, H-index 39), de vulgarisation scientifique, de chapitres de livres, de communications et est fréquemment invité, en France et à l’étranger. Il a fait plus de 140 missions à l’étranger à destination d’une centaine de pays. Il fait de nombreuses conférences publiques ainsi qu’à destination des personnels de collectivités, de grands établissements ou d’entreprises, essentiellement sur la vie dans l’océan, les ressources vivantes, le rôle de l’eau dans le vivant, la biodiversité et les interactions humain-nature.

Il a été très mobilisé dans l’organisation de la COP21 et a poursuivi ses activités lors de la COP22. Il participe à de fréquentes émissions de radio et de télévision et fait de très nombreuses conférences (100 à 120/année) dans de nombreux pays.

Quelques ouvrages « grand public »

  • The Mediterranean Region, biodiversity in space and time, Oxford University Press in 2010,
  • Quelle Terre allons-nous laisser à nos enfants ? Dans « Aux origines de l’environnement », chez Fayard, en 2010,
  • Water, a key molecule for living, water in metabolism and biodiversity, in “Water: the forgotten molecule”, chez Pan Stanford Publishing, in 2011, co-édité « L’Homme peut-il s’adapter à lui-même ? », chez Quae, en 2012,
  • Biodiversité en environnement marin, chez Quae en 2013,
  • Premier chapitre du livre “Vulnérabilité du système océanique” chez Hermés ISTE en 2014
  • « Biodiversity in the Marine Environment » chez Springer en 2014,
  • Sa leçon inaugurale au Collège de France, « Biodiversité, de l’océan à la Cité » a été publiée chez Fayard en mai 2014.

En 2015, est sorti le tome 5/6 de la revue « Vivre durablement » dans laquelle apparaît le chapitre « Biodiversité et bio-inspiration ».

Il a participé, en 2015, à deux ouvrages sortis pour la réouverture du Musée de l’Homme, « Devenir humains » et « Une belle histoire de l’Homme »,

En 2016, sont sortis deux chapitres dans le livre « Révolutions animales » chez Les liens qui libèrent.

En 2017, sont sortis les ouvrages « L’animal est-il l’avenir de l’Homme » chez Laroussse, « L’Homme peut-il accepter ses limites ? » chez Quae et deux chapitres d’ouvrages du CNRS « L’océan à découvert » et « S’adapter au changement climatique »,

En 2018, deux chapitres dans la Revue « Reliefs », « La planète bleue », et « Entre terre et mer », un chapitre de l’ouvrage « Néandertal » chez Gallimard et « Biodiversité, crises et inspiration » dans la Revue « Sciences humaines Communication », un article dans les Actes du IVème colloque mondial sur la résilience de Marseille en juin 2018 et un article dans la Revue L’Atelier sur le futur de la biodiversité (les 3 derniers, à paraître).

Conférence

Gilles Boeuf, Professeur à Sorbonne-Université, président du Conseil Scientifique de l’Agence Française pour la Biodiversité

Les relations entre l’Homme et la nature ne sont pas au beau fixe ! Pourquoi ? Sommes nous inquiets quant à notre futur ? L’humain a cessé d’être totalement un animal quand, après avoir appris à fabriquer des outils, de plus en plus élaborés, gardés et transportés, il a domestiqué le feu, il y a de cela largement plus d’un million d’années. Et là, débutera l’inquiétude et l’intranquillité que nous évoquons souvent : l’obsession de garder ce feu actif, inlassablement, partout, en toutes situations et circonstances, même durant les plus longs voyages dans des territoires très humides. Cela voulait-il dire qu’auparavant il n’y avait pas d’intranquillité ? Non, bien sûr, mais pas la même, celle, classique chez tous les animaux mobiles et pourvus d’un système neuronal approprié, de la quête de la nourriture et celle d’échapper aux prédateurs… Trouvera t-on à manger et pourrons-nous éviter d’être mangés ? Lucy en savait quelque chose !

Aujourd’hui, il nous faut cesser ces scepticismes de tous ordres alimentés par de puissants lobbies irresponsables et, sans irraisonnablement nous effrayer, prendre nos préoccupations environnementales à bras le corps et mettre tout en place pour réagir. Edgar Morin nous dit en 2010 « … le probable est catastrophique, il est que nous allons vers l’abîme… ». Mais il rajoute « …Pourtant, il y a toujours eu de l’improbable dans l’histoire humaine, le futur n’est jamais joué… Le propre de la métamorphose, comme de toute création, est de ne pas être prévisible… il nous manque la conscience d’humanité planétaire… ». Quand admettrons-nous notre irresponsabilité présente et notre mépris total de ce que nous laisserons à nos descendants ? Le pilotage politique actuel à court terme a cessé de fonctionner, les conditions d’expression de notre économie ne sont plus adaptées, ce n’est pas la fin du monde, mais la fin d’un monde, celui qui nous a mené dans l’impasse actuelle. Une économie, croit-on sans tenir compte des externalités, qui consiste à faire gagner de l’argent en détruisant la nature ou en la surexploitant est condamnée, la même prônant une croissance infinie dans un monde fini, demain peuplé de 10 milliards d’humains, menant forcément au chaos social et à la déstabilisation. Oui, nous avons ainsi aujourd’hui beaucoup de sources d’intranquillité, souvent balayées par l’insouciance ou la jouissance de biens matériels à court terme, en délaissant les ¾ des humains… Si la prise de conscience s’est bien généralisée, et la ratification si rapide des Accords de Paris en est une spectaculaire démonstration, faisons nous cependant tout ce qu’il faut pour enrayer les dégradations généralisées de nos environnements ?

Your browser is out-of-date!

Update your browser to view this website correctly.Update my browser now

×