[:fr]Montier Festival Photo - Concours 2016 - Autres animaux sauvages de pleine nature[:]

Présentation

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Denise NICOLINI

  France

  http://denise-nicolini.jimdo.com

  

  

Denise NICOLINI est née en Lorraine, mais a surtout vécu dans le Var et le Bas-Rhin. Habituée à souvent déménager depuis sa plus tendre enfance, elle est attentive au changement et à cette forme de découverte toujours renouvelée. Aussi, la photographie va-t-elle s’imposer vers l’âge de 15 ans, quand son frère Bernard lui prête un 24X36 réflex CANON. D’abord elle immortalise des paysages, des masures provençales envahies par la végétation, lors de promenades en solitaire dont elle a déjà le goût, puis aussi ses proches. En compagnie de son appareil photo et derrière lui, elle se sent protégée. En 1986, son premier voyage en Asie sera DECISIF, au Sri-Lanka, REVELATEUR de son ouverture sur le monde et dans le même temps, de la découverte de la Sagesse Orientale, en général, et Bouddhiste, en particulier. Cette rencontre sera LE DECLIC, le 1er d’une série de voyages au Pakistan, au Népal, au Tibet et surtout en Inde où elle s’éternise pour mieux revenir. C’est cet immense pays qui va FIXER des souvenirs contrastés dans sa mémoire. A la fois fascinante et redoutable, l’Inde est aujourd’hui la plus grande démocratie du monde où il ne fait pas bon être une petite fille, une jeune fille puis, une femme. Denise NICOLINI en a conscience quand elle confie à Lucien CLERGUE son projet de travail sur les Femmes. En 2012, naît son exposition sur « le Rire des Femmes Indiennes » présentée au Musée de Gajac de Villeneuve-sur-Lot, sous forme de portraits 50X75 et de triptyques dont l’expression de la dame est d’abord gênée, puis souriante jusqu’à l’éclat de rire d’une Indienne incrédule. Parfois, elles sont 2, complices et facétieuses, comme de petites filles étourdies par la joie d’être regardées et considérées. L’émotion est palpable, c’est poignant. Aussi, Denise NICOLINI n’est-elle pas dupe. En Inde, a fortiori lorsqu’on appartient à la caste des intouchables (chargées des basses besognes et trop sales pour être touchées), une femme n’existe pas. D’ailleurs, un homme pas beaucoup plus… Cette rencontre avec des Indiennes victimes de sévices inimaginables devait bien voir le jour. Ce fut au mois de novembre 2015, après avoir pris connaissance d’un reportage sur des Indiennes brûlées à l’acide. C’est une invitation au voyage au coeur de l’humain au courage exemplaire pendant que sa part d’ombre est capable des pires lâchetés…………………………………………….. « Merci beaucoup d’avoir répondu à cette invitation et de transcrire vos impressions et réflexions dans le livre d’or ! »

Exposition

 

Elles s’appellent Geeta, Neetu, Ritu, Rupa, Sonia, sont indiennes et ont en commun un vécu redoutable. Ce sont des femmes victimes d’attaques à l’acide. Leur crime : appartenir au sexe féminin dans un pays où la dote est encore d’actualité. Comme les parents d’une jeune-fille sont censés verser cette dote aux parents du marié chez lesquels la jeune mariée sera contrainte de vivre, sa famille les dédommage alors qu’elle lui échappe pour toujours… Aussi, comme la plupart des Indiens vivent dans le plus grand dénuement, ils se sentent pénalisés d’avoir des filles. En réponse à ce fait de société, à l’époque de l’échographie, certaines familles pratiquent des avortements, d’autres des infanticides ou jusqu’à choisir de défigurer celles qui ont grandi et menacent, bien involontairement, d’hypothéquer l’équilibre économique de la famille. La solution est par conséquent de projeter de l’acide ; de préférence pendant leur sommeil ; sur des innocentes devenues victimes de souffrances dont nos spécialistes et le personnel des services des grands brûlés de France, vous diront qu’il s’agit des pires souffrances : une TORTURE ! Alors quand ces actes odieux; d’une lâcheté malheureusement cautionnée par certaines femmes; sont pratiqués en Inde où les soins ne sont ni gratuits, ni dispensés équitablement que vous soyez riches ou pauvres, et que non seulement il n’existe pas de cellules psychologiques pour écouter et accompagner ces malheureuses, mais que Geeta et sa fille Neetu témoignent d’avoir été maltraitées au point d’avoir été battues par de soi-disant médecins et personnels soignants, peut-être pouvez-vous mesurer d’une part, mon indignation face à des actes aussi inqualifiables, d’autre part, combien ma sollicitude et ma compassion jusqu’à une profonde affection sont grandes. A noter que dans l’hindouisme, la notion de karma responsabilise des évènements vécus. Seulement, mal comprise et mal interprétée, cette loi karmique voit les témoins devenir les bourreaux de victimes désamparées, à nouveau menacée de mort par ignorance !………………… A priori, le politiquement correct voudrait qu’on n’incrimine personne. Pour autant, j’aimerais vous apporter le témoignage de mon traducteur indien. Après s’être engagé dans l’Indian Navy, il a pu poursuivre des études d’ingénieur et le devenir. De fait, alors qu’il ne roule pas, à proprement parler sur l’or, il m’a appris qu’il était possible d’apporter sa contribution financière, sous forme de parrainage à des voisins ou autres personnes de sa connaissance, sans pour autant que quiconque ne se sente « déshonoré ». Avec cet éclairage, il est donc permis d’espérer voir triompher le combat des Dames aux Visages du Courage, nommées « SHEROES » ou « Héroïnes », dont Madame Laxmi SAA est le porte-voix en tant que victime, devenue avocate et tout récemment Maman d’une petite fille ! Son souhait : « faire changer le regard de la société indienne sur les canons de beauté, en apprenant à regarder au-delà des apparences », « faire voter et appliquer des lois pour interdire l’achat de vitriol et autres acides », puis « faire voter et appliquer des lois suffisamment coercitives et dissuasives pour que des criminels potentiels ne soient plus tentés de passer à l’acte ». Oui, la résilience des Dames de SHEROES consistent à défiler sur des podiums improvisés d’hôtels internationaux comme le Shératon d’Agra, où elles présentent les collections de prêt-à-porter de la marque VIVA N DIVA et à se montrer encore abîmées après au moins 7 ou 8 chirurgies réparatrices, prises en charge par l’association SHEROES qui les soutient et les accompagne dans un projet d’insertion sociale afin de donner un sens à leur vie… Jamais elles ne se plaignent, toujours elles sourient : une sacrée leçon de vie !