Montier Photo Festival

Le jury du Concours Photo Montier s’est réuni du 2 au 4 juillet à Montier-en-Der pour choisir le millésime 2026 !

Depuis 2025, la pré-sélection est réalisée en amont et individuellement par les membres du jury. Au terme de cette première phase, et avec le soutien du comité technique, 2 891 photos restaient en compétition et ont été projetées au jury pour la délibération finale.

Le jury

Président du jury : Maxime BRIOLA, photographe

Membres :

Stéphanie ALLEMAND – photographe

Xavier DELORME – photographe

Antoine LAVOREL – photographe

Priscila TELMON – rédactrice en chef du magazine Terre Sauvage.

Les chiffres

2 tranches d’âges : – de 16 ans et + de 16 ans

1 800 photographes participants

18 324 photos

49 nationalités

97 vidéos reçues

2 891 photos présélectionnées

Le mot du jury

Chaque édition du concours photographique de Montier est un événement dans l’événement ; une occasion de soumettre ses photos à l’avis d’un jury. Derrière chacune d’entre elles se cachent des heures d’apprentissage, de patience, d’attente, d’espoir et, surtout, une passion commune : celle d’être touché par la beauté du vivant. J’ai eu l’honneur de présider le jury de cette édition 2026, entouré de personnalités au parcours d’exception et au regard aussi différent que complémentaire ; une équipe de passionnés rassemblée dans un même objectif : distinguer les photographies les plus marquantes parmi les quelque 18 000 reçues.

Bien qu’indéniablement subjectifs, nous avons essayé de donner à nos choix le plus de rationalité possible. Le premier tri, à distance, s’est limité à des critères techniques et au respect des exigences de chaque catégorie. Les photos ayant recueilli le plus de votes favorables sont progressivement retenues, jusqu’à une sélection d’environ 4 000 images ; les photographes concernés ont alors été invités à transmettre leurs fichiers bruts. La seconde étape s’est déroulée en plein été, à Montier même, où nous avons eu le plaisir d’être chaleureusement accueillis par l’équipe du festival. Entre quelques spécialités gastronomiques locales, notre attention c’est alors concentré sur les 4 000 photographies restantes : à ce stade, la plupart sont techniquement irréprochables, et le choix repose davantage sur la singularité de l’image, son intérêt naturaliste et ce que l’on peut percevoir de l’éthique de la prise de vue. Les échanges ont été nourris, parfois passionnés, toujours guidés par la volonté de récompenser les images suscitant une émotion partagée.

Nous avons découvert des approches très diverses, des scènes rares, des comportements fascinants et des compositions audacieuses, nous imposant parfois de véritables choix cornéliens. Chaque membre du jury a en tête des photos qu’il voyait dans les finalistes et qui pourtant sont sorties au premier tour. Il n’est pas toujours facile de voir certaines photographies que l’on affectionne quitter la sélection faute de convaincre une majorité du jury. Mais c’est la règle du jeu, et sans doute tout le charme d’un concours : accepter que le regard collectif s’enrichisse de sensibilités différentes. Cela me permet de rappeler qu’un palmarès n’est jamais une vérité absolue : il est le reflet d’un instant, d’une rencontre entre des images et un jury donné. Un autre jury aurait sans doute abouti à un palmarès différent, tout aussi légitime.

Le niveau de cette édition témoigne une nouvelle fois de la vitalité de la photographie de nature. Année après année, j’ai la satisfaction de constater qu’elle continue de susciter de nouvelles vocations et de rassembler un nombre toujours plus important de photographes, de toutes classes d’âges. Cette émulation doit être une force pour la nature, améliorer de façon constructive nos pratiques et montrer combien la cohabitation avec le sauvage nous est indispensable.

Au nom de l’ensemble des membres du jury, que je remercie pour leur engagement, j’adresse mes plus sincères félicitations aux lauréats, dont les images se sont distinguées par leur maîtrise, leur créativité et leur capacité à nous émouvoir. Bravo également aux photographes de moins de 16 ans, qui nous ont impressionnés avec des photos abouties tant sur le plan technique que créatif. Je souhaite également saluer tous les photographes ayant participé à cette édition, qui partagent tous la même admiration pour le monde vivant.

Un immense merci enfin à l’équipe du festival, aux nombreux bénévoles et aux partenaires qui font vivre, année après année, ce rendez-vous. Grâce à eux, chaque automne, Montier devient le lieu où s’exposent les regards semés tout au long de l’année, où se retrouvent les passionnés, les scolaires, les professionnels, les amis et les curieux. Puissent les images réunies dans cette édition 2026 continuer à semer la curiosité, cultiver l’émerveillement et donner à chacun l’envie de préserver ce qui rend notre planète si précieuse.

Maxime Briola,

et les membres du jury ; Stéphanie Allemand, Priscilla Telmon, Xavier Delorme, Antoine Lavorel.

VERBATIM :

« Etre membre du jury du concours photo de Montier-en-Der a été une expérience très enrichissante.

Partager des points de vue parfois très différents sur une même image a rappelé combien la photographie est un langage sensible, où chaque regard apporte une lecture singulière, donnant des choix finaux très subjectifs.

La qualité des images témoigne de la passion et de l’engagement des photographes.

J’ai été particulièrement impressionné par le niveau de la catégorie Jeunes. Bien au-delà de la technique, beaucoup ont démontré une réelle compréhension des catégories et de ce qui était attendu, avec des images à la fois justes, créatives et porteuses de sens. C’est une belle source d’espoir pour l’avenir de la photographie de nature ». Stéphanie Allemand

« Cette expérience de juré m’a profondément honoré. Parmi les séries présentées, la catégorie -16 ans a été pour moi une révélation : j’y ai trouvé des images très justes, très abouties, qui m’ont beaucoup touché. La relève est là. ». Xavier Delorme

«  Un constat partagé par tous, comme ce le fut les années précédentes : le post-traitement des images dénature plus souvent qu’il ne sublime. Lors des dernières sélections, nous avons regardé les fichiers RAW,  la conclusion était sans appel : les versions brutes étaient presque toujours plus puissantes, plus vraies, plus vivantes. Comme si une image ne pouvait plus exister telle qu’elle est. Pourtant, c’est là que réside la force d’une grande photographie animalière : dans l’instant saisi, l’émotion brute, l’histoire racontée sans fard. À l’heure où l’intelligence artificielle génère des images en quelques secondes, apprendre à regarder une photographie, décrire ce qu’elle dit, sentir ce qu’elle tait, mesurer l’exigence du regard qui l’a faite, semble plus que jamais essentiel. Ce que l’IA ne fera jamais : attendre. Être là. Disparaître dans la lumière pour qu’un animal oublie qu’on existe. » Priscilla Telmon

« Sans même le conscientiser, une grande majorité des images que nous avons sélectionnées montrent des bêtes et des paysages communs, presque ordinaires. De la mare où barbotent les crapauds aux forêts sculptées par les pics, la vie de proximité a tout pour fasciner. L’insignifiant doit plus que jamais nous faire rêver ! » Antoine Lavorel