Montier Festival Photo - Concours 2016 - Autres animaux sauvages de pleine nature

Biographie

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Kyriakos KAZIRAS

  France

  http://www.kaziras.com

  Invités - Parrains

  

Kyriakos Kaziras est un photographe professionnel, franco-grec, vivant en France. Né en Grèce, il est très tôt passionné de photographie et de peinture, grâce à l'influence de ses deux grands-pères, l'un peintre et l'autre passionné de photographie. A 16 ans, il part vivre avec ses parents à Genève, où il apprend la langue française. Il s’installe ensuite en France, où il étudie la littérature française à la Sorbonne. Lors de son premier voyage en Afrique Australe, il tombe amoureux des étendues sauvages, des lumières et des animaux. Il n’aura de cesse, depuis lors, de sillonner les coins les plus reculés de la planète, des plaines africaines aux terres polaires. Pourtant, il ne se considère ni comme un aventurier ni comme un explorateur. Tout son travail est préparé minutieusement en amont, comme un story-board. Chacune de ses photographies est un tableau, jouant sur les ombres et les lumières. Il reconnaît volontiers avoir été enthousiasmé par le film Heimat d’Edgar Reitz, dont chaque plan a été composé comme une photographie. Très influencé par la peinture, notamment par les noirs texturés à la fois profonds et lumineux de Pierre Soulages, Kyriakos Kaziras a une approche très picturale de la photographie. Les appareils photo sont ses pinceaux.

Exposition

De couleur crème, légèrement recourbée, striée de noir, de larges rainures sur toute sa longueur creusées au fil du temps, sa pointe est abimée, arrondie par le temps et les travaux effectués, un creux est marqué à quelques centimètres de l’extrémité, elle pèse plus de trente kilos, la défense gît sur le sol. Elle repose au bas d’une pile gigantesque, sur laquelle s’empilent des dizaines de défenses d’éléphants reprises aux braconniers. Une colonne de fumée grise s’échappe de cette pile, elle s’épaissit au fur et à mesure que le feu grandit. L’ivoire brûle. Dans mon esprit se forme l’image de l’interminable colonne d’éléphants que représente cette montagne d’ivoire. Elle avance doucement et silencieusement dans la savane. Seul est audible le craquement des feuilles et de petites branches sous leurs lourds pas. Les éléphants marchent silencieusement, en file indienne, suivant la matriarche vers le prochain point d’eau.

Difficile d’imaginer les plaines du Serengeti ou du Masaï Mara, sans ces géants. Et pourtant, les chiffres sont effrayants. 25.000 à 30.000 éléphants sont abattus chaque année sur le continent africain. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l'espèce. Si rien n’est fait, il n’y aura plus aucun éléphant en Afrique, d’ici deux décennies. C’est à peine croyable ! La guerre bat son plein et les éléphants semblent condamnés. L’Afrique de l’Est connaît le plus fort déclin de cette espèce.

En 2015, la Tanzanie annonce une chute de 63 % de la population d’éléphants, en cinq ans. Le gouvernement tanzanien, sidéré par les chiffres, a pensé à une erreur et fait procéder au comptage une seconde fois. En vain, les chiffres étaient exacts. La population d’éléphants d’Afrique était estimée à 20 millions, au début du XXe siècle. Après les chasses massives, la disparition de leur habitat et le braconnage qui s’intensifie, la population tombe à 1,2 million en 1980. Seuls survivaient, en 2013 en Afrique, 470.000 individus à l'état sauvage.

En 2016, ils sont vraisemblablement moins de 400.000. Au cœur de cette criminalité qui décime les éléphants d’Afrique, le commerce international de l’ivoire, porté par la demande asiatique, essentiellement en Chine, interdit depuis 1989, mais dont l’interdiction a été en partie levée en 1997. L’ivoire  génère des recettes colossales et un braconnage intensif. Braconnage et commerce illicite alimentent la corruption et les réseaux criminels – trafic d’armes, de drogue… – financent conflits et organisations terroristes, et menacent de fait les fondations mêmes, des États africains. Une faible lueur d’espoir demeure, certains États, des organisations internationales, ONG et groupes de la société civile tentent de se mobiliser. La France est à l’avant-poste de ce combat. En août 2016, elle interdit toute commercialisation d’ivoire. En 2015, le Kenya et l’Éthiopie décident de brûler plusieurs tonnes d’ivoire, représentant plusieurs dizaines de millions de dollars. Dans un effort sans précédent, le 30 avril 2016, le Kenya brûle 105 tonnes d’ivoire, soit la totalité de son stock, représentant près de 5% du stock mondial. Le Gabon, le Botswana, le Tchad, l’Éthiopie et la Tanzanie ont demandé un moratoire d’au moins dix ans sur toute vente d’ivoire, le temps de stabiliser leurs populations d’éléphants.

La préservation des éléphants passera nécessairement, par une véritable volonté des gouvernements de combattre la criminalité organisée autour de l’ivoire, mais également par la nécessaire implication des populations locales. En espérant que mes photos ne deviendront pas des images d’archives d’un passé révolu, mais continueront à être, dans l’avenir, le reflet vivant du plus grand mammifère terrestre.

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